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25
Sep
2012

Victoire totale contre Total, déclaré responsable et coupable

On a eu peur, tellement la pression était énorme… Et personne ne semblait y croire. Mais la Cour de Cassation a confirmé toutes les condamnations dans l’affaire de l’Erika, y compris celle de Total.

Naufrage de l'Erika

Naufrage de l'Erika

Le naufrage de l’Erika

Rappelez-vous, c’était en 1999, en décembre, le 11 décembre. Quinze jours avant la grande tempête de 1999. Un pétrolier battant pavillon maltais faisait état de difficultés au large des côtes bretonnes. La mer était grosse, le vent soufflait. Et nous, habitants proches des côtes vendéennes et ligériennes, nous avons tout de suite senti le danger. 30.000 tonnes de pétrole à nos portes… Mon dieu…

Et quinze jours plus tard, alors que les 2 parties du pétrolier ont coulé, les premières plaques arrivent sur nos côtes, des boulettes gluantes, malodorantes, partout sur la plage. On pense que les éléments se sont déchaînés contre nous : deux tempêtes coup sur coup nous balaient de plein fouet : la tempête Lothar, le 26 décembre, puis Martin le 27 décembre. Tout s’accélère : les plaques se divisent en des milliers de boulettes, et s’échouent sur nos côtes. Je me souviens dans un premier temps les tentatives pour les ramasser, armés de bottes, de « bleus » de travail, et de poubelles… Un travail de titans, décourageant, chaque marée, chaque vague apportant son lot de nouvelles boulettes sur nos côtes bretonnes et vendéennes.

Puis le temps de la colère….

L’activité économique a été particulièrement touchée dans notre région atlantique. Les conséquences de ce naufrage sur la faune, sur la flore, dramatiques. On estime à 150.000 le nombre d’oiseaux morts. Sans compter les parcs ostréicoles de la Baie de Bourgneuf, de Vendée ou de Bretagne… Finies les parties de pêche à pied, plus rien n’est comestible, comme si la mort s’était abattue sur un territoire immense.

Les élus, les associations, les entreprises : tous se sont portés parties civiles, dans ce qui allait devenir le procès de l’Erika, mais également et surtout, le procès de Total. Dans nos inconscients, la formule lugubre « Responsable mais pas coupable » prononcée par Georgina Dufoix, résonne… Non, pas encore.

 

Un long parcours judiciaire

Le procès a commencé le 12 février 2007. Après 7 années d’enquête, 15 personnes faisaient partie des prévenus. Il s’achevait le 13 juin 2007. Le premier jugement était rendu le 16 janvier 2008. Total était alors reconnu coupable de pollution maritime et devait s’acquitter de 192 millions d’euros de dommages et intérêts. Total commence alors à payer les dommages, tout en faisant appel de la décision. Coup de théâtre en avril 2012, quand l’avocat général demande l’annulation de la procédure, arguant du fait que la France n’était pas compétente pour juger l’affaire.
C’en est trop pour beaucoup. Le spectre du « Responsable mais pas coupable » fait encore trembler. Total a déjà prévenu qu’il ne réclamerait pas le remboursement des sommes déjà versées.

Coup de théâtre ce matin, avec l’arrêt de la Cour de Cassation qui confirme le jugement. Et immense joie parmi les parties civiles, et surtout, parmi nous tous, citoyens de ce monde déjà si malmené par nos pollutions… Responsable ET coupable. Une « Victoire totale » selon Corinne Lepage, qui représentait 10 communes touchées par la pollution.

Que ce jugement fasse jurisprudence, je le souhaite de tout mon coeur. Qu’on ne tolère plus les cargos poubelles, que tous les acteurs, à quelque niveau qu’ils soient, prennent leurs responsabilité. Le monde ne s’en portera que mieux.

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Glooette

Auteur de l'article : Glooette

Euh, maman de 2 petits Gloos, femme du Captain... Fan de séries et de lecture A mi-chemin entre les Etats-unis et la France, avec un regard très personnel sur ces 2 sociétés ! Et toujours 1001 choses à faire !

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