Un autre dérapage de Georges Frêche

L’information n’est pas récente: elle date du mois de février. Georges Frêche, président du conseil régional de Languedoc-Roussillon, aurait déclaré lors de l’inauguration d’un lycée:

Il existe aujourd’hui une mode qui consiste à protester contre les résistants qui tondaient les femmes qui avaient couché avec les Allemands pendant l’Occupation […] Vous croyez que je vais pleurnicher parce qu’on leur a coupé les cheveux? Mais c’est gentil! On aurait pu les fusiller…


Monsieur Frêche a apparemment une idée un peu particulière de la gentillesse. Et résumer un lynchage public (assorti de peines de prison dans certains cas) à une coupe de cheveux, c’est un peu léger. Mais pas inhabituel pour un homme coutumier des dérapages verbaux, et exclu du Parti Socialiste pour cette raison.

C’est France Soir qui rapporte ces propos, et les mets en rapport avec l’histoire d’un homme conçu en 1944 par une femme française et un homme allemand. On lira avec intérêt les commentaires qui relatent de telles histoires personnelles, en totale opposition avec le mépris affiché par Georges Frêche.

L’information vient du Midi Libre. Le journaliste écrivant ce compte-rendu politique,
Arnaud Chabé, n’a pas commenté ce point précis. Ailleurs sur le Web et dans la presse, ce dérapage n’a pas fait grand bruit.

Commentaires pour : Un autre dérapage de Georges Frêche

  1. GloOmmentaire de :
    Captain Gloo

    Dans la série “connerie infinie de l’âme humaine”…

    Posté le 3 juin 2008 à 14:49 Lien Permanent
  2. GloOmmentaire de :
    CorroZive

    Un excellent site communautaire en avait parlé quand même :
    http://www.eldiz.net/...

    ;)

    Posté le 3 juin 2008 à 17:09 Lien Permanent
  3. GloOmmentaire de :
    sister gloo

    Merci pour tes papiers Tibert, il était temps que ça bouge sur notre planète gloo

    Posté le 3 juin 2008 à 19:03 Lien Permanent
  4. GloOmmentaire de :
    Glooette

    Oui, la connerie.. Enfin, je ne suis pas sure que ça puisse s’appeler connerie.

    Je crois que je lui dirais ordure plutôt…

    Merci Tibert !

    Posté le 4 juin 2008 à 8:02 Lien Permanent
  5. GloOmmentaire de :
    nico

    En même temps il a raison : en 1944, nombreux étaient pour les fusiller et trouvaient raser la tête était bien léger au regard de leur trahison d’avoir couché avec l’ennemi.
    Evidemment, vu de 2008, la bien-pensance nous ordonne de s’offusquer lorsque l’on entend dire de telles choses. Mais c’était la guerre

    Posté le 7 juin 2008 à 15:26 Lien Permanent
  6. GloOmmentaire de :
    Tibert le Chat

    On peut éviter de parler de «bien-pensance» à ce sujet, et tenter de réfléchir pour de vrai. À vrai dire, on pourrait éviter de parler de «bien-pensance» tout court, et dans la foulée bannir de nos réflexions des termes comme «pensée unique», «réactionnaire», ou «politiquement correct». Ce sont des termes péjoratifs que l’on balance dans un débat pour dénigrer les opinions de ses adversaires… et s’épargner la peine d’argumenter contre ces opinions!

    Je garde donc l’argument, qui est le suivant: «Mais c’était la guerre.» Soit, c’était la guerre. Mais coucher avec l’occupant, ça ne lui donne pas vraiment un avantage stratégique particulier. Donc pas de trahison militaire ici. La trahison est donc «morale»; c’est un mélange de haine de l’ennemi, et de quelques pulsions violentes qui vont bien. Une femme qui couche avec l’ennemi, c’est avant tout une femme qui couche, donc une traînée, et en plus elle couche avec l’ennemi et pas avec moi; la tonte est donc largement justifiée, l’opprobre et la prison aussi tant qu’à faire, et si je m’écoutais je la ferais fusiller, la salope.
    (Style indirect libre; le «je» ci-dessus ne reflète pas ma pensée, on l’aura compris.)

    Je caricature en partie. Mais je pense que dans la décision de tondre ces femmes perçues comme des «traitres» (ou plutôt l’envie de, aussitôt suivie d’effets), il y avait une bonne part d’irrationnel. Et je sais bien qu’il est facile de dire ceci en temps de paix, mais la guerre n’excuse pas tout.

    Je persiste à penser que la tonte de ces femmes était un acte de violence et de frustration. Et ce n’est pas parce on n’est pas allé jusqu’à les fusiller que c’était un traitement juste. Si on écoute Georges Frêche, être injuste et violent (la tonte, l’opprobre), c’est gentil; être injuste et meurtrier (la fusillade), c’est acceptable. Belle conception de la justice.

    Posté le 7 juin 2008 à 15:54 Lien Permanent
  7. GloOmmentaire de :
    Playmogeek

    “Mais coucher avec l’occupant, ça ne lui donne pas vraiment un avantage stratégique particulier.”

    mmmm je suis pas sûr, c’est à nuancer: coucher avec l’occupant c’est aussi un pari sur l’avenir, ça peut-être stratégique: ce n’est un secret pour personne, les coucheries peuvent aider à obtenir des faveurs ou monter en grade. Là ça va on parle de relations consentantes… bref on ne sait rien si c’était de l’amour ou autre chose.

    Enfin bref si j’avais vu ma voisine sortir avec un Allemand, un de ceux qui aurait déporté famille ou amis, je ne sais pas comment j’aurai réagi.

    Ceci dit c’est aussi valable pour les Allemandes qui ont eu des relations avec les soldats issus des colonies…

    Posté le 9 juin 2008 à 19:33 Lien Permanent

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