Libération d’Ingrid Bétancourt: quels sont les vrais sujets?

Nous nous sommes tous réjouis, la semaine dernière, de la libération d’Ingrid Bétancourt après six ans de captivité dans la jungle colombienne. Mais certains journalistes ont eu la présence d’esprit de ne pas s’arrêter là, et de creuser un peu la question. Salutations à ceux-là, quant bien même ils s’attireraient les foudrles de ceux qui voudraient en rester aux réjouissances.

Il y a en fait une multitude de sujets dans le «cas» Bétancourt. La plupart concernent ou sont liés au fonctionnement des médias. En vrac:

  1. La hiérarchie des informations: fallait-il autant parler d’Ingrid Bétancourt au cours des dernières années? De nombreuses autres personnes dans une situation similaire n’ont pas eu une telle exposition médiatique.
  2. Les médias français n’ont montré que très peu de réserves envers la famille d’Ingrid Bétancourt, pourtant source d’information peu objective!
  3. L’exposition médiatique a-t-elle réellement servi Ingrid Bétancourt? Il est permis d’en douter.
  4. La version officielle du gouvernement colombien masque une réalité plus complexe. Il s’agit ici de communication politique.

C’est ce quatrième point qui me semble le plus intéressant (quoique la question de la «béatification» médiatique d’Ingrid Bétancourt ne soit pas dépourvue d’intérêt non plus). J’y reviendrai prochainement. En attendant, je vous invite à lire l’article suivant sur Mediapart: Libération d’Ingrid Betancourt: ce que ne dit pas la version officielle (en accès libre).

«Clan Sarkozy» et «mise à sac»: quelle mouche pique Ségolène Royal?

Quelle mouche pique Ségolène Royal? Invitée hier soir du journal télévisé de France 2, elle a fait feu de tout bois pour critiquer Nicolas Sarkozy. Une attitude qui n’a rien d’inattendu pour une personnalité de l’opposition, mais qui devrait se conjuguer avec un peu de finesse si la personnalité en question souhaite conserver un peu de crédibilité.

Les critiques sur la récupération élyséenne de la libération d’Ingrid Bétancourt, déjà faites la semaine dernière depuis le Canada, ont été qualifiées de «scandaleuses» y compris au sein du PS (où on aime bien se tirer collectivement une balle dans le pied), mais étaient finalement plutôt fondées. Les critiques sur la mainmise du «clan Sarkozy» sur la France peuvent être entendues. La suppression de la publicité sur le service public, par exemple, profitera de toute évidence aux grands amis de Sarkozy, patrons et propriétaires de chaînes privées qui verront les publicitaires affluer… Dangereuse proximité entre le pouvoir exécutif et médiatique, déjà dénoncée par d’autres (on se souvient des sorties de Bayrou, alors à la tête de l’UDF, à partir de l’automne 2006).

Paranoïa et accusations gratuites?

Mais pourquoi diable mêler à ces critiques une accusation sans preuves, sur la «mise à sac» de son appartement. Cambriolée à deux reprises (en 2007 pendant la campagne présidentielle, et récemment), Ségolène Royal y voit la marque du «clan Sarkozy». Plaît-il?

Elle dit voire un rapport entre la fameuse «main-mise» du «clan Sarkozy» sur la France, et ce cambriolage qu’elle qualifie de «mise à sac». Lorsque David Pujadas lui demande de préciser son propos, elle affirme qu’il s’agit «d’une drôle de coïncidence». Manière de porter une accusation sans le dire vraiment (ce qui permet peut-être de se couvrir en cas de procès pour diffamation… ça reste à voir).

Qu’est-ce qui peut bien passer par la tête de la candidate socialiste — candidate au poste de premier secrétaire, et probablement à l’investiture socialiste pour la présidentielle de 2012 — lorsqu’elle profère cette accusation voilée? Le pense-t-elle vraiment, ou bien s’agit-il d’une manœuvre pour tenter de jeter le discrédit sur Nicolas Sarkozy?

Dans un cas comme dans l’autre, je pense que la seule personne discréditée ici est Ségolène Royal. Entacher des critiques politiques fondées ou non (cela dépendra de la sensibilité politique de chacun), mais en tout cas légitimes, par une accusation fantaisiste et finalement assez insignifiante, c’est tout de même très maladroit!

Un autre dérapage de Georges Frêche

L’information n’est pas récente: elle date du mois de février. Georges Frêche, président du conseil régional de Languedoc-Roussillon, aurait déclaré lors de l’inauguration d’un lycée:

Il existe aujourd’hui une mode qui consiste à protester contre les résistants qui tondaient les femmes qui avaient couché avec les Allemands pendant l’Occupation […] Vous croyez que je vais pleurnicher parce qu’on leur a coupé les cheveux? Mais c’est gentil! On aurait pu les fusiller…

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La mariée n’était pas vierge, et la connerie prolifère

Vous avez forcément vu des reportages sur cette affaire: un homme demande l’annulation de son mariage car la mariée lui avait menti sur sa virginité. La mariée accepte cette demande, et le juge la valide en fondant sa décision sur l’article 180 du code civil.

Presque deux mois plus tard, Libération lance le bal de l’indignation collective. Forcément, un fait divers avec du sexe et des traditions islamiques ça ne peut que faire couler de l’encre! Et donc les médias s’emballent, les hommes et femmes politiques également, diverses associations en rajoutent et tous crient au scandale, à la négation des valeurs de la République, et bla et bla et bla.

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