Libération d’Ingrid Bétancourt: quels sont les vrais sujets?

Nous nous sommes tous réjouis, la semaine dernière, de la libération d’Ingrid Bétancourt après six ans de captivité dans la jungle colombienne. Mais certains journalistes ont eu la présence d’esprit de ne pas s’arrêter là, et de creuser un peu la question. Salutations à ceux-là, quant bien même ils s’attireraient les foudrles de ceux qui voudraient en rester aux réjouissances.

Il y a en fait une multitude de sujets dans le «cas» Bétancourt. La plupart concernent ou sont liés au fonctionnement des médias. En vrac:

  1. La hiérarchie des informations: fallait-il autant parler d’Ingrid Bétancourt au cours des dernières années? De nombreuses autres personnes dans une situation similaire n’ont pas eu une telle exposition médiatique.
  2. Les médias français n’ont montré que très peu de réserves envers la famille d’Ingrid Bétancourt, pourtant source d’information peu objective!
  3. L’exposition médiatique a-t-elle réellement servi Ingrid Bétancourt? Il est permis d’en douter.
  4. La version officielle du gouvernement colombien masque une réalité plus complexe. Il s’agit ici de communication politique.

C’est ce quatrième point qui me semble le plus intéressant (quoique la question de la «béatification» médiatique d’Ingrid Bétancourt ne soit pas dépourvue d’intérêt non plus). J’y reviendrai prochainement. En attendant, je vous invite à lire l’article suivant sur Mediapart: Libération d’Ingrid Betancourt: ce que ne dit pas la version officielle (en accès libre).

La mariée n’était pas vierge, et la connerie prolifère

Vous avez forcément vu des reportages sur cette affaire: un homme demande l’annulation de son mariage car la mariée lui avait menti sur sa virginité. La mariée accepte cette demande, et le juge la valide en fondant sa décision sur l’article 180 du code civil.

Presque deux mois plus tard, Libération lance le bal de l’indignation collective. Forcément, un fait divers avec du sexe et des traditions islamiques ça ne peut que faire couler de l’encre! Et donc les médias s’emballent, les hommes et femmes politiques également, diverses associations en rajoutent et tous crient au scandale, à la négation des valeurs de la République, et bla et bla et bla.

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Et si TF1 était sur le canal 2, ou 5, ou 9?

Une petite réflexion que je me suis faite tout à l’heure: que se passerait-il du côté de l’audience si TF1 n’était pas la première chaine sur nos téléviseurs (sur le canal 1), mais la troisième, ou la huitième, ou la quinzième?

Je connais beaucoup de gens qui ont l’habitude de zapper pour chercher un programme qui leur plait. Beaucoup allument la télévision, et partent de la première chaine puis défilent: canal 1, canal 2, canal 3, canal 4, canal 5, etc. Lorsqu’ils trouvent un programme qui leur plait, ils s’arrêtent.

Et si l’ordre des chaines était différent? Si Arte/France 5 était Arte/France 1, M6 était plutôt M2, TF1 plutôt TF3, etc.? J’imagine que ça aurait un impact sur l’audience des chaines. Sans doute un impact assez léger (ce soir, beaucoup préfèreront voir Les Experts sur TF1 plutôt que Le Vol du Phénix sur Arte, quel que soit le bouton de la télécommande sur lequel il faudra appuyer pour voir l’un ou l’autre programme), mais un impact tout de même.

C’est un peu comme la question de l’implantation pour une boutique: est-ce une rue très passante, un centre commercial, une rue moyennement passante voire très peu? Ou celle du placement des produits sur un rayonnage. En télévision, c’est le bouton de la télécommande, le numéro de la chaine, qui joue le rôle de l’emplacement.

Miss France et Laure Manaudou victimes de leur(s) charme(s

Cette semaine, recevant la news letter du quotidien régional ouest France, j’ai la surprise de constater que Laure Manaudou, puis Valerie Bègue, notre nouvelle Miss France, ont fait les gros titres, juste quelques lignes après l’indétrônable Nicolas Sarkozy.

En cette ère de retour à une certaine religiosité (dixit le discours de notre président préféré devant les instances catholiques), les belles jeunes femmes dévêtues, voire photographiées ou filmées dans des situations ne laissant rien cacher de leurs charmes, font la une des journaux. Il faut dire que rien ne se passe d’intéressant dans le monde. Heureusement que nous avons une rédactrice people à Glooland, sinon nous serions “has been”, et nous passerions à côté d’un plan fondamental de l’information.

Ceci mis à part, j’usurpe aujourd’hui le rôle de notre spécialiste pour protester contre les tonnes de détritus médiatiques dont on nous inonde, via la presse (pour Miss France avec le journal Entrevue), ou internet (Pour Laure Manoudou avec la publication sur le net de photos et/ou films dévoilant son intimité), puisque tout bel évènement, doit nécessairement être démystifié. A quand le père Noël en string?