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17
Jan
2008

Excalibur, de John Boorman (1981)

Le navet est un légume fantastique.

J’apprends au détour d’une page de Wikipédia qu’il existe de multiples variétés de navets, avec des navets légumes (Long noir de Caluire, Jaune d’Écosse, De Nancy à collet rouge) et des navets fourragers. Si si.

Mais le navet qui nous intéresse ici, c’est l’inimitable navet d’Holywood, qui se mange sans faim mais hélas ne nourit pas son homme…

J’ai donc consommé ce soir un plat de navet que l’on doit à John Boorman. Cela s’appelle Excalibur, et ça parle de la culture de la pomme de terre au Nicaragua entre 1850 et 1892, ou presque.

Si vous êtes né au moins quelques années avant le Ouèbe, vous vous souvenez peut-être de ce film sorti en 1981 et pas trop acclamé par la critique, à juste titre.

Prêt à déguster du navet? C’est parti!

Le synopsis (ou quoi-qu’est-ce que ça raconte)

Ça se passe au moyen-âge ascendant «âge sombre», du côté de nos voisins grand-bretons. Uther Pendragon, un va-t-en-guerre un peu impulsif, tente d’unifier la Grande Bretagne en tuant les mecs qui ne sont pas trop d’accord. Pour cela, il est aidé par un sorcier, Merlin, qui lui confie une épée qui brille, Excalibur.

Uther fait alliance avec le Duc de Cornouailles, mais finalement préfère se faire la femme de celui-ci. Fin de l’alliance, qui aura duré quelques heures. Le Duc de Cornouailles meurt (bêtement), Uther fait un enfant illégitime à la femme de ce dernier, puis meurt à son tour après avoir planté son épée dans un rocher. Merlin récupère le bébé, et on sent déjà que cette histoire ça va être la merde.

Que se passe-t-il ensuite?

  • Le fils illégitime, Arthur, retire l’épée un peu par hasard, et paf il est le roi.
  • Il s’entoure de mecs en armure qui brille, et en quelques minutes ils unifient la Grande Bretagne.
  • Et là c’est la paix, la prospérité, le château qui brille (!), la Table Ronde, etc.

Vous connaissez peut-être déjà la suite? Lancelot et la reine Guenièvre; la traîtrise de la demi-sœur du Roi, Morgane; la Quête du Graal; le fils illégitime (décidément, c’est une manie!) et incestueux d’Arthur et Morgane; etc. Au final, ça bastonne sec, les chevaliers de la Table Ronde meurent, Lancelot meurt, Morgane meurt, Mordred (le fils incestueux) meurt, Arthur meurt; et Excalibur est récupérée par la Dame du Lac. Fin.

Mon avis

Si vous venez de lire ce qui précède, vous avez une idée de l’impression que laisse le film: celle d’un enchaînement d’évènements insignifiants.

On a voulu faire rentrer, dans les deux heures vingt de ce film, la totalité de la saga arthurienne. Le résultat est un pudding indigeste. Les évènements se suivent sans qu’on ait eu le temps d’en exposer les motifs ou les conséquences. Du coup, la narration est très mécanique, et on ne suit l’histoire que distraitement.

Le pire, c’est qu’à aucun moment on n’a l’impression d’être face à des personnages. Les différents protagonistes se succèdent rapidement, et tous les personnages ont l’air de débarquer de nulle part, même les personnages principaux!

Je récapitule donc: pauvreté du scénario — je ne sais pas s’il s’éloigne beaucoup de la saga arthurienne que je connais mal, mais ça ne change rien à son indigence —, pauvreté des personnages, et absence de rythme.

Les armures, c’est quand même pas pratique des fois

Je terminerai juste en parlant de l’esthétique du film, qui hélas ne le rachète pas. Je sais bien que ce film date du début des années 80, et qu’il ne s’agit pas d’une méga-production dopée aux images de synthèse telle que le Seigneur des Anneaux, mais même avec peu de moyens on peut s’en sortir correctement, en faisant les bons choix. Par exemple:

  1. Ne pas se laisser avoir par l’idée que le moyen-âge était l’âge des ténèbres. C’est faux. John Boorman en fait des tonnes, par exemple en mettant des figurants en haillons partout, et on sombre dans le ridicule (les personnages sont soit en armure-qui-brille, soit en haillons puants)
  2. Fuir le kitsch. Boorman fait le contraire en mettant du machin qui brille partout dans son film. Les chevaliers de la Table Ronde ressemblent par moments à des chevaliers de pacotille. Le pire, c’est qu’ils sont en armure 24 heures sur 24, même pour voyager à cheval (ayant été chevalier dans une vie antérieure, je peux vous affirmer que c’est du grand n’importe quoi).

    Arthur prend un air ahuri en contemplant Excalibur
    Le jeune Arthur travaille son jeu d’acteur.

Pas grand chose pour sauver ce film, donc. Même les acteurs sont plutôt moyens.

Ah si, il y a tout de même une chose qui rend ce film vaguement regardable: le film ne transforme pas la saga arthurienne en une lutte entre le Bien et le Mal. Arthur essaie bien de nous entraîner sur ce terrain, quand il demande à Merlin «Où est le Mal maintenant?», une fois la paix rétablie. Heureusement, Merlin botte en touche. Pas de grande morale et pas d’épilogue après le massacre final. C’est déjà ça de pris.

Mais peut-être avez-vous gardé un souvenir ému de ce film, vu au cours d’une soirée VHS de votre adolescence? Si c’est le cas, vous pourrez vous confronter à l’amère réalité grâce au DVD du film.

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Auteur de l'article : Tibert le Chat

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