Excalibur, de John Boorman (1981)

Le navet est un légume fantastique.

J’apprends au détour d’une page de Wikipédia qu’il existe de multiples variétés de navets, avec des navets légumes (Long noir de Caluire, Jaune d’Écosse, De Nancy à collet rouge) et des navets fourragers. Si si.

Mais le navet qui nous intéresse ici, c’est l’inimitable navet d’Holywood, qui se mange sans faim mais hélas ne nourit pas son homme…

J’ai donc consommé ce soir un plat de navet que l’on doit à John Boorman. Cela s’appelle Excalibur, et ça parle de la culture de la pomme de terre au Nicaragua entre 1850 et 1892, ou presque.

Si vous êtes né au moins quelques années avant le Ouèbe, vous vous souvenez peut-être de ce film sorti en 1981 et pas trop acclamé par la critique, à juste titre.

Prêt à déguster du navet? C’est parti!

Le synopsis (ou quoi-qu’est-ce que ça raconte)

Ça se passe au moyen-âge ascendant «âge sombre», du côté de nos voisins grand-bretons. Uther Pendragon, un va-t-en-guerre un peu impulsif, tente d’unifier la Grande Bretagne en tuant les mecs qui ne sont pas trop d’accord. Pour cela, il est aidé par un sorcier, Merlin, qui lui confie une épée qui brille, Excalibur.

Uther fait alliance avec le Duc de Cornouailles, mais finalement préfère se faire la femme de celui-ci. Fin de l’alliance, qui aura duré quelques heures. Le Duc de Cornouailles meurt (bêtement), Uther fait un enfant illégitime à la femme de ce dernier, puis meurt à son tour après avoir planté son épée dans un rocher. Merlin récupère le bébé, et on sent déjà que cette histoire ça va être la merde.

Que se passe-t-il ensuite?

  • Le fils illégitime, Arthur, retire l’épée un peu par hasard, et paf il est le roi.
  • Il s’entoure de mecs en armure qui brille, et en quelques minutes ils unifient la Grande Bretagne.
  • Et là c’est la paix, la prospérité, le château qui brille (!), la Table Ronde, etc.

Vous connaissez peut-être déjà la suite? Lancelot et la reine Guenièvre; la traîtrise de la demi-sœur du Roi, Morgane; la Quête du Graal; le fils illégitime (décidément, c’est une manie!) et incestueux d’Arthur et Morgane; etc. Au final, ça bastonne sec, les chevaliers de la Table Ronde meurent, Lancelot meurt, Morgane meurt, Mordred (le fils incestueux) meurt, Arthur meurt; et Excalibur est récupérée par la Dame du Lac. Fin.

Mon avis

Si vous venez de lire ce qui précède, vous avez une idée de l’impression que laisse le film: celle d’un enchaînement d’évènements insignifiants.

On a voulu faire rentrer, dans les deux heures vingt de ce film, la totalité de la saga arthurienne. Le résultat est un pudding indigeste. Les évènements se suivent sans qu’on ait eu le temps d’en exposer les motifs ou les conséquences. Du coup, la narration est très mécanique, et on ne suit l’histoire que distraitement.

Le pire, c’est qu’à aucun moment on n’a l’impression d’être face à des personnages. Les différents protagonistes se succèdent rapidement, et tous les personnages ont l’air de débarquer de nulle part, même les personnages principaux!

Je récapitule donc: pauvreté du scénario — je ne sais pas s’il s’éloigne beaucoup de la saga arthurienne que je connais mal, mais ça ne change rien à son indigence —, pauvreté des personnages, et absence de rythme.

Les armures, c’est quand même pas pratique des fois

Je terminerai juste en parlant de l’esthétique du film, qui hélas ne le rachète pas. Je sais bien que ce film date du début des années 80, et qu’il ne s’agit pas d’une méga-production dopée aux images de synthèse telle que le Seigneur des Anneaux, mais même avec peu de moyens on peut s’en sortir correctement, en faisant les bons choix. Par exemple:

  1. Ne pas se laisser avoir par l’idée que le moyen-âge était l’âge des ténèbres. C’est faux. John Boorman en fait des tonnes, par exemple en mettant des figurants en haillons partout, et on sombre dans le ridicule (les personnages sont soit en armure-qui-brille, soit en haillons puants)
  2. Fuir le kitsch. Boorman fait le contraire en mettant du machin qui brille partout dans son film. Les chevaliers de la Table Ronde ressemblent par moments à des chevaliers de pacotille. Le pire, c’est qu’ils sont en armure 24 heures sur 24, même pour voyager à cheval (ayant été chevalier dans une vie antérieure, je peux vous affirmer que c’est du grand n’importe quoi).

    Arthur prend un air ahuri en contemplant Excalibur
    Le jeune Arthur travaille son jeu d’acteur.

Pas grand chose pour sauver ce film, donc. Même les acteurs sont plutôt moyens.

Ah si, il y a tout de même une chose qui rend ce film vaguement regardable: le film ne transforme pas la saga arthurienne en une lutte entre le Bien et le Mal. Arthur essaie bien de nous entraîner sur ce terrain, quand il demande à Merlin «Où est le Mal maintenant?», une fois la paix rétablie. Heureusement, Merlin botte en touche. Pas de grande morale et pas d’épilogue après le massacre final. C’est déjà ça de pris.

Mais peut-être avez-vous gardé un souvenir ému de ce film, vu au cours d’une soirée VHS de votre adolescence? Si c’est le cas, vous pourrez vous confronter à l’amère réalité grâce au DVD du film.

Commentaires pour : Excalibur, de John Boorman (1981)

  1. GloOmmentaire de :
    Captain Gloo

    Il commence fort notre nouveau rédacteur… en plombant un de mes films cultes.

    Posté le 17 janvier 2008 à 11:35 Lien Permanent
  2. GloOmmentaire de :
    Pierre C

    Tu aurais surement préféré le film si Arnold ou Stalone en aurait été
    les vedettes avec, bien sur, Paméla Anderson …
    Fin du commentaire édité par l’administrateur pour cause de texte limite insultant.

    Posté le 17 janvier 2008 à 17:52 Lien Permanent
  3. GloOmmentaire de :
    sister gloo

    Pour l’avoir vu il y a une dizaine d’année, c’est vrai que sur le coup, j’ai été un peu déçue eu regard de la richesse de l’histoire d’Arthur et des chevaliers de la table ronde; mais j’ai quand même passé un bon moment, et je n’ai pas eu le sentiment de voir un nanard.

    Je regrette seulement de ne pas l’avoir vu quand il est sorti, parce qu’il faut effectivement juger ce film dans son époque. Certains films avec Kirk Douglas regardés aujourd’hui sont d’un triste ennui, alors que j’en raffolais quand j’étais gamine.

    Je ne suis pas sûre que dans 20 ans, mes filles ne diront pas: “j’ai vu un truc, ça s’appelle la guerre des étoiles, c’est un nanard super poilant!”

    Posté le 17 janvier 2008 à 18:57 Lien Permanent
  4. GloOmmentaire de :
    Tibert le Chat

    Captain, il fallait le dire avant, j’en aurais rajouté une couche. :D

    Pierre, franchement, je n’ai aucun intérêt pour Silvester, Arnold et Pamela (pour cette dernière, je serais plutôt Scarlett que Pamela… bien que ça ne soit pas la même génération, il y a tout de même une différence de style énorme — Scarlett a la classe, pas l’autre).

    Je me fiche du choix des acteurs, tant qu’ils sont bons et biens dirigés. Et de plus, le problème n’est pas là. Pour moi, ce film est en partie plombé depuis le départ. Illustrer «Excalibur» aurait été possible en mettant en scène un ou deux moments-clef. Car à vouloir caser toute la légende, on ne raconte plus rien, on survole vaguement les personnages.

    Donc, pour en revenir à ce que j’aurais préféré: j’aurais préféré que Boorman fasse un bon film.

    Sister: bien sûr, le facteur temps joue contre ce film. Mais d’autres films plus anciens encore sont encore appréciés et sont loin d’être des nanars. C’est donc que faire un film durable doit être possible… en évitant de penser que l’air du temps remplace la mise en scène, et qu’une trame remplace un scénario, par exemple. :)

    Posté le 17 janvier 2008 à 22:27 Lien Permanent
  5. GloOmmentaire de :
    Captain Gloo

    M’en serais douté tiens, mesquin comme je te connais.

    Bon, soyons clairs, je n’ai jamais dit qu’Excalibur était un bon film, c’est un film sympathique, et ce malgré ses défauts flagrants.

    Il y a un je ne sais quoi de désuet, de non sérieux, de très humain dans ce film qui fait que je le trouve attachant. Je crois que je suis et resterai un grand enfant et c’est pour ça que je prends encore plaisir à regarder Excalibur et la Guerre des étoiles.

    Posté le 18 janvier 2008 à 22:25 Lien Permanent
  6. GloOmmentaire de :
    Tibert le Chat

    Pour le non sérieux et le très humain, il y a le personnage de Merlin, qui tient déjà mieux la route que les autres, et qui a des réflexions et une attitude assez sympathiques. Il y a beaucoup de dérision dans ses répliques.

    (En passant, j’aime bien la Guerre des étoiles, et beaucoup de choses désuètes par ailleurs. :))

    Posté le 19 janvier 2008 à 0:45 Lien Permanent
  7. GloOmmentaire de :
    DIETRICH

    Ce film est loin d’être un navet. Il a certe un peu vieillit et certaines scènes sont risibles mais c’est du baroque, du lyrique, c’est une oeuvre puissante, bref du Boorman. De plus la dimenssion musicale (Wagner, Orff) ajoute un côté opéra à tout celà mais quand on ne connaît rien ni à l’opéra et encore moins au cinéma on ne peut pas comprendre. Je ne me mêle pas de ce genre de discussion en général mais quand on insulte un film culte je ne peut pas m’empêcher !!!

    Posté le 22 janvier 2008 à 8:36 Lien Permanent
  8. GloOmmentaire de :
    Tibert le Chat

    Ah mais je persiste. Je n’ai pas prêté une grande attention à la musique du film, sauf peut-être au «O Fortuna» (si mon souvenir est bon) du Carmina Burana d’Orff. Un choix qui m’a semblé être convenu au possible. Mais peut-être Boorman était-il un des premier à abuser de ce classique des bandes sonores pour donner un côté «épique» à son film, auquel cas on l’excusera à moitié d’avoir été le premier à commettre une faute de gout que ses successeurs répèteront allègrement. ;)

    Bon, j’en rajoute un peu. En visionnant le film, l’utilisation par deux fois (pour chacune des deux grandes batailles) d’«O Fortuna» m’avait semblé être une répétition un peu lourde du cliché, mais je m’aperçois que ce mouvement ouvre et cloture le Carmina Burana d’Orff, donc il y a une certaine logique.

    Et à vrai dire je me fiche un peu de la musique dans ce film (et il est vrai que, bien que plutôt mélomane, je ne connais pas grand chose à l’opéra, que je goûte peu). Je n’ai pas trouvé qu’elle apporte quelque chose de vraiment intéressant, et elle ne m’a pas particulièrement déplu non plus. Mais je persiste à penser que ce film est mauvais («navet» est peut-être un peu fort, mais je ne vais pas prétendre que le film est bon pour autant…), pour les raisons que j’ai évoquées plus haut. Car si on passe outre le côté vieilli, il reste deux lacunes importantes: la narration est bancale, et la photo est loin d’être belle.

    (Sur ce dernier point, je ne sais pas si je dois accuser la copie que j’ai visionnée. Mais d’après les images du film visibles ici ou là, je pense que le film tel que je l’ai vu — certes pas sur grand écran — était plutôt fidèle à la photo d’origine.)

    Posté le 22 janvier 2008 à 11:47 Lien Permanent
  9. GloOmmentaire de :
    nouveau

    Je vais faire une brève énumération de ce qui explique peut-être pourquoi certains ne sont pas réceptifs à ce film, il s’agit d’un manque de références concernant le sujet traité.

    “On a voulu faire rentrer, dans les deux heures vingt de ce film, la totalité de la saga arthurienne.” — il s’agit de la synthèse d’une oeuvre “le morte d’arthur” de Thomas Mallory, elle-même synthèse tardive des incaculables oeuvres arthuriennes. Evidement il fallait synthétiser, je n’ose imaginer la longueur du film si on s’amusait à suivre les récits littéraires fastidieux et parfois redondants.

    “Le pire, c’est qu’à aucun moment on n’a l’impression d’être face à des personnages. Les différents protagonistes se succèdent rapidement, et tous les personnages ont l’air de débarquer de nulle part, même les personnages principaux!” c’est exactement la même chose que dans les romans arthuriens. Les personnages arrivent comme un cheveux sur la soupe, ils manquent souvent de consistance et sont avant tout symboliques.
    De plus, la composition des romans arthuriens n’avait rien de linéaire, il s’agissait de “patchwork” et de digressions de plusieurs histoires parrallèles, en cela le film et son côté mal organisé à la narration bancale reflète tout à fait les romans orginiaux

    J’en viens à l’esthétique du film. Le réalisateur s’est inspiré des artistes ayant puisé dans le thème arthurien. Les plus connus sont les préraphaelites surtout pour le côté clinquant et trés lumineux. J’ajouterais que le mélange moyen âge sombre “primitif” et armures stylisés qui feraient plus penser aux derniers temps féodaux sont je le crois un parti pris, celui de brouiller les pistes comme le font encore une fois les romans arthuriens qui disent traiter d’une époque tres ancienne alors que les moeurs relatées sont celles de la contemporalité des auteurs.

    voilà pour les précisions le reste chacun ses goûts c’est évident mais lorsqu’on connaît un peu le sujet dont il est quesiton le film apparait différemment.

    .

    Posté le 31 janvier 2008 à 21:06 Lien Permanent
  10. GloOmmentaire de :
    Captain Gloo

    Merci pour cette analyse complète nouveau.

    Je crois effectivement me rappeler qu’à la sortie du film, les “puristes” avaient crié au scandale à propos de l’usage des armures “complètes” utilisées par les chevaliers.

    Posté le 1 février 2008 à 9:33 Lien Permanent
  11. GloOmmentaire de :
    Heyoan

    Salut, salut !

    Je trouve ça un peu facile de dézinguer un film qui a presque 30 ans même si effectivement il a plutôt mal vieilli ;)

    On pourrait dire de la même façon que les costumes du gang dans Orange Mécanique sont franchement ridicules… ou que les effets spéciaux dans Dune ne valent pas tripette…

    Il n’en reste pas moins qu’à leur sortie ces films ont révolutionné le cinéma (certains sont même devenus cultes) et que leurs auteurs ont fait avec les moyens dont ils disposaient.

    Nul doute que dans 20 ans (10, 5 ?) on entendra dire : “Mouep… c’est pas mal le Seigneur des Anneaux, mais ça a mal vieilli… T’as vu la tête de Gollum ?”

    Posté le 9 février 2008 à 13:34 Lien Permanent
  12. GloOmmentaire de :
    Tibert le Chat

    «Je trouve ça un peu facile de dézinguer un film qui a presque 30 ans»

    Je suis prêt à encenser un film qui a quarante ou soixante-dix ans si j’estime qu’il le mérite.

    «On pourrait dire de la même façon que les costumes du gang dans Orange Mécanique sont franchement ridicules… ou que les effets spéciaux dans Dune ne valent pas tripette…»
    Heureusement, les réalisateurs de ces films n’ont pas eu besoin de costumes indémodables ou d’effets spéciaux indépassables pour faire du cinéma. :)

    Posté le 9 février 2008 à 17:42 Lien Permanent
  13. GloOmmentaire de :
    Heyoan

    “Heureusement, les réalisateurs de ces films n’ont pas eu besoin de costumes indémodables ou d’effets spéciaux indépassables pour faire du cinéma.”

    On parie que pour la “jeune” génération, Orange Mécanique et Dune sont des daubes :) ?

    Et juste pour conclure : il n’est bien sûr pas question de remettre en question tes gôuts. Simplement, et comme cela a déjà été dit plus haut, Boorman a voulu faire un film lyrique et truffé de symboles et toi tu le traites de navet en te basant par exemple sur le réalisme des armures et la pauvreté du scénario ! Je comprends bien que si tu t’attendais à un pur film d’action tu aies pu être déçu mais c’est comme si tu achetais un CD de Beethoven en pensant qu’il s’agit d’AC/DC en live et que tu dises : “Pitaing ! Çapucénul Beethoven !” (<- belle analogie, non ;= ?)

    Et pi surtout : moi j’ai adoré Excalibur quand je l’ai vu à 12 / 13 ans :) !

    Posté le 10 février 2008 à 15:30 Lien Permanent
  14. GloOmmentaire de :
    Tibert le Chat

    Heyoan, je crois que tu ne m’as pas bien lu. Je ne m’attendais pas à quoi que ce soit de particulier en voyant ce film. En tout cas pas à un film pur d’action ou — comme le supposais Pierre un peu plus haut — à un film avec Arnold ou Stalone. Je ne sais pas pourquoi on me prête de telles attentes…

    Je suis partant pour un film lyrique si la mise en scène (et pas les effets spéciaux ou le style des costumes, mais bien la mise en scène!) tient la route. Et dans ce film, ça me semble assez léger. J’avoue par contre avoir un peu bloqué sur le style de la photo, très «lumière qui diffuse de partout à coup de filtres». Pour ma part, je n’avais pas fait le rapprochement avec la peinture des préraphaélites (je connais un peu Dante Rossetti mais pas plus), ma référence pour ce type d’effet étant plutôt Hamilton.

    Le lyrisme, pour être bien perçu, doit aussi s’appuyer sur une implication forte dans le discours. Au cinéma, cela passe en partie par la narration… Je ne reviens pas sur ce sujet. ;)

    Posté le 10 février 2008 à 21:26 Lien Permanent
  15. GloOmmentaire de :
    Captain Gloo

    “ma référence pour ce type d’effet étant plutôt Hamilton.”

    Ah ben on voit les références.

    Très bon film Billitis… Ou pas en fait. ;)

    Posté le 10 février 2008 à 23:40 Lien Permanent
  16. GloOmmentaire de :
    Tibert le Chat

    «Ah ben on voit les références.»

    Hé hé. Bizarrement, je connais un peu la peinture de Rossetti, très peu la photographie de David Hamilton (c’est à dire pas grand chose au delà des clichés), et rien de son cinéma. Et pourtant, c’est Hamilton que la photographie du film de Boorman m’a évoqué.

    Il faut dire que je ne suis pas vraiment convaincu par la comparaison avec la peinture des préraphaélites.

    Posté le 11 février 2008 à 15:26 Lien Permanent
  17. GloOmmentaire de :
    aion

    je viens de comprendre la remarque “John Boorman en fait des tonnes, par exemple en mettant des figurants en haillons partout”. Comme le film ne met pas vraiment en avant le bon peuple, je me demandais d’où venais ces miséreux… et bien du passage où la terre est sans Roi, c’te question !
    Notre brillant critique, qui a dû regarder d’un oeil décidément très distrait le film, n’a pas noté juste avant ce passage la remarque desespérée de Lancelot : “The King without Sword ! The Land without King!”

    Et bien oui, c’est alors l’âge des ténèbres, mon ami : le Roi se meurt, Excalibur est perdue : la Terre aussi, par conséquent… jusqu’à ce que le Roi se reprenne et qu’il ait l’Epée à ses cotés… un petit coup de Carmina Burana et hop, la terre refleurit !

    J’ai l’impression que tu es passé à coté de beaucoup, beaucoup de choses, camarade….

    Posté le 10 juillet 2008 à 21:26 Lien Permanent
  18. GloOmmentaire de :
    aion

    mon commentaire précédent s’est perdu dans une coupure de connection : je vais pas le réécrire, mais pour faire court : pour ajouter à l’excellent comentaire de “nouveau”, les armures sont de facon tout à fait volontaire irréaliste. Il s’agit de retranscrire de facon onirique un mythe et pas de faire une docu-fiction sur le moyen age.

    En ratant l’apport de la musique au film, tu rates également énormément. Le thème “o Fortuna”, des Carmina Burana revient lorsque le Roi revient. Il ouvre et clot les Carmina Burana, pour symboliser le cycle de la vie et est utilisé de facon tout à fait similaire à ce moment là du film (et pas seulement pour faire “genre”, comme tu as cru le voir).

    Bref, une seule chose à retenir dans ta critique : “on ne suit l’histoire que distraitement.”
    on a pu remarquer, en effet !

    Posté le 10 juillet 2008 à 21:32 Lien Permanent
  19. GloOmmentaire de :
    Tibert le Chat

    Je persiste et signe. Mettons que pour la musique je suis passé à côté de quelque chose, sans doute à cause de la reprise massive de ce thème dans d’autres films depuis. Mouais. Mais pour le reste, oui, j’avais bien compris qu’on parlait ici de mythe. Et ce que je reproche à Boorman, c’est de négocier son mythe à coup de symbolisme pompier, alors que ça peut aussi se faire avec un poil de subtilité.

    Je ne suis jamais impressionné par les implications symboliques. Le symbolisme, c’est de la merde en boite, au même titre que le naturalisme, le réalisme, l’onirisme, et j’en passe, à partir du moment où ça devient quelque chose de mécanique. J’aime les choses qui ne sont pas automatiques et les figures non-imposées. Donc l’armure qui brille pour le héros mythique et la brume pour les périodes troubles, ça me reste un peu en travers de la gorge.

    Quant aux haillons, eh bien certes ils symbolisent sûrement l’anarchie d’une terre sans roi. Et donc l’opposition entre les haillons et les armures qui brillent est consciente et voulue, et participe du symbolisme pompier qui traverse tout le film.

    Pour être plus précis sur que j’appelle ici «symbolisme pompier»: j’abuse un peu du terme «pompier», pour lui donner ici le sens de «classique», «immobile» et «éculé», en référence à l’art pompier. Le symbolisme pompier, dans ce film, c’est l’utilisation presque obligatoire de métaphores (surtout visuelles) désormais éculées. George Orwell parle de «métaphores mourantes» à propos de ces métaphores qui sont tellement courantes qu’elles deviennent des facilités de langage. Selon moi, Boorman tombe quant à lui dans la facilité visuelle. (J’ai aussi parlé de laideur visuelle, mais mettons que c’est une question de gout.)

    Posté le 10 juillet 2008 à 22:16 Lien Permanent
  20. GloOmmentaire de :
    Wizz

    Bon rendons à césar ce qui appartient à césar.
    C’est vrai que Carmina burana est devenu un classique des bandes sonores, cela dit ce n’était pas le cas à l époque.
    Et c’est à partir de ce film que l’on a vu son utilisation reprise régulièrement dès qu’un pseudo coté épique était nécessaire!

    Ceci étant, notez je vous prie, que bien qu’aient été pris des raccourcis énormes il n’en reste pas mon le film le plus fidèle et le plus complet traitant de ce sujet!

    (Au passage les vieux, c’est un jeune qui poste ça 21 ans, et il apprécie bcp orange mécanique et trouve que Dune prend trop de liberté ac le book )

    Posté le 26 juillet 2008 à 22:15 Lien Permanent
  21. GloOmmentaire de :
    Heyoan

    “Au passage les vieux, c’est un jeune qui poste ça 21 ans, et il apprécie bcp orange mécanique et trouve que Dune prend trop de liberté ac le book”

    Ah… ben ça fait bien plaisir ;) ! Et je suis bien d’accord avec toi !

    Et si tu ne l’as pas encore lu, je te conseille vivement le bouquin d’Orange Mécanique (Burgess).

    Un vieux…

    Posté le 27 juillet 2008 à 3:50 Lien Permanent
  22. GloOmmentaire de :
    aion

    mon cher Tibère, ton nouveau commentaire “ils symbolisent sûrement l’anarchie d’une terre sans roi. Et donc l’opposition entre les haillons et les armures”
    est une superbe nouvelle illustration de l’expression “tu n’as rien compris au film”.

    Il ne s’agit pas d’anarchie pour cause de vacance du pouvoir, du genre De Gaulle partant à Baden Baden en 68… mais du lien vital entre le Roi et la Terre. D’ailleurs, les armures ne sont plus si brillantes, dans ce passage…

    Une critique que je découvre sur le net, qui remet vraiment en perspectives les qualités techniques, artistiques et symboliques du film (malgré une orthographe parfois approximative !) :

    http://www.ed-wood.net/excalibur.htm

    Posté le 15 août 2008 à 9:26 Lien Permanent

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