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29
Août
2013

Cigarette électronique : le Dr Farsalinos démonte l’étude de 60 millions de consommateurs sur l’ecig

Une fois n’est pas coutume, je sors de ma réserve non pas pour publier un article mais pour traduire et diffuser un article publié par le Dr Farsalinos suite à la diffusion de l’étude de 60 millions de consommateurs sur la cigarette électronique. Il y reprend point par point les informations fournies par la revue et les replace dans leur contexte en ne se gênant pas au passage pour pointer le peu de sérieux et le côté inutilement alarmiste de cette « étude ».

Cigarette électronique

Une nouvelle « étude » sur la cigarette électronique : rien de nouveau mais très grosse publicité négative et intimidation

Article d’origine du Dr Farsalinos : A new “study” on chemical analysis of e-cigarette: nothing new but huge negative publicity and intimidation Traduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Il y a de nombreuses discussions un peu partout dans le monde au sujet d’une nouvelle analyse chimique des e-liquides pour cigarette électronique présentée dans un article d’un magazine de consommation en France. Cet article qui s’intitule « Pas si inoffensive, la cigarette électronique » a été reproduit et diffusé de façon conséquente dans le monde entier avec des titres aussi alarmants que « L’ecigarette aussi dangereuse que la cigarette et peut donner le cancer d’après une étude » (Daily Mail) ou encore « Cancer par cigarette électronique » (journal grec Espresso). De tels titrent viennent du fait que l’article français originel (c’est un commentaire de l’étude, pas une réelle présentation de l’étude en elle-même) mentionne que certains composés chimiques ont été détectés dans des proportions supérieures aux cigarettes classiques et c’est ça l’origine de toutes cette attention. Il n’y a aucune information sur le laboratoire ayant réalisé l’analyse, aucune mention de la méthodologie appliquée, ni aucun chiffre réel présenté. Est-ce que c’est ça la science ?

Ou la vérité se trouve-t-elle ?

D’autres choses à propos de cette « étude » ont été révélées aujourd’hui. Quelques informations à propos du protocole (méthodologie) ont été révélées sur ce site français. Ils ont testé des bouffées de 3 secondes toutes les 30 secondes. Ils ne précisent pas combien de bouffées d’affilée ont été prises. Ils ne fournissent aucune information sur le fait qu’ils aient testé de réelles cigarettes ou non (bien qu’ils fassent des comparaisons avec la cigarette classique – note du traducteur). Ce qui semble étrange, c’est qu’entre chaque bouffée, ils « aspiraient » l’air du laboratoire (au lieu de simplement désactiver le mécanisme d’aspiration). Nous n’avons de plus aucune information sur les modèles testés. Ceci est pourtant très important car tous les modèles n’utilisent pas les mêmes liquides et atomiseurs. Il semble également évident que les modèles n’ont pas été testés par des vapoteurs pour pouvoir déterminer leur efficacité ou au moins savoir si leur protocole était représentatif des usages.

D’un autre point de vue, je suppose que la méthodologie était absolument parfaite et que tout fut réalisé d’un point de vue scientifique. Aujourd’hui, le journal concerné a donné plus d’informations sur les résultats, incluant les valeurs de produits chimiques trouvés. Le résultat est CHOQUANT, non d’un point de vue de la santé des utilisateurs mais parce que, une fois encore, il montre combien une étude peut être mal « présentée » et combien cette présentation peut faire peur et intimider le public (en particulier les utilisateurs de cigarette électronique) et ce, quasiment sans aucune raison.

Les mêmes produits chimiques ont déjà été testés sur 12 marques d’e-cigarettes dans une étude réalisée par Goniewicz et ses collègues publiée plus tôt cette année. Rien de nouveau ne fut testé dans cette étude française. Plus important, les résultats de l’étude française sont quasiment identiques à ceux de l’étude de Goniewicz. Voir ci-dessous le tableau de résultats des deux analyses.

Les données comparée des deux études sur la cigarette électronique

Pour le nickel, l’étude française trouve entre 0,2 et 12 nanogrammes pour 15 bouffées. Gionewicz avait même trouvé plus que ça, d’un autre côté il a également trouvé qu’un inhalateur de nicotine vendu en pharmacie libérait 190 nanogrammes de nickel par cartouche ! Pour le chrome, l’étude française trouve entre 1,0 et 6,7 nanogrammes. Ils ont juste oublié de préciser s’il s’agissait de chrome hexavalent (Chrome 6), qui est la seule forme de chrome qui ait des propriétés cancérigènes. Pour rappel, une cigarette classique peut en libérer jusqu’à 500 nanogrammes.

Il est évident que les valeurs de ces produits chimiques trouvés dans la cigarette électronique sont inférieures à ce qu’on trouve dans le tabac, toutes proportions gardées (même si on valide le fait que la méthodologie de l’étude était absolument parfaite et que les résultats sont crédibles). Bien sur, je ne dis pas que la cigarette électronique est totalement sans danger. Nous n’en savons rien à l’heure actuelle et elles ne peuvent pas être aussi saines que de l’air pur. Malgré tout, il n’y a aucun doute que le risque potentiel soit moindre (comparé à la cigarette classique : note du traducteur). Alors, comment tous ces articles reprenant cette étude peuvent-ils parler de quelque chose de nouveau et de révolutionnaire ?

Le plus gros problème avec ce type d’articles c’est la peur qu’ils créent chez les utilisateurs de cigarette électronique. A chaque fois qu’un article de ce genre est publié, il y a des vapoteurs un peu partout dans le monde qui jettent leur ecig et recommencent à fumer. J’ai vécu ça avec des personnes que je connais, cela arrive à chaque fois qu’une de ces « actualités » sont reproduites avec des titres impressionnants sans aucune retenue de la part des personnes qui les écrivent. L’étude française en fait, ne nous donne aucune nouvelle information sur la composition chimique de la vapeur de cigarette électronique et ne change absolument rien à nos connaissances actuelles sur les risques potentiels de l’ecig et sur ses bénéfices comparé au fait de fumer des cigarettes « tabac ». Je ne peux m’expliquer pourquoi les médias du monde entier font référence à cette étude comme si c’était la plus importante découverte jamais réalisée sur la cigarette électronique.

Le samedi 31 août, pendant le congrès annuel de la Société Européenne de Cardiologie, je vais présenter une étude sur les effets immédiats de l’usage de la cigarette électronique sur la circulation coronarienne (le flux de sang vers le muscle du coeur). Durant cette étude, j’ai découvert que la cigarette électronique n’avait aucun effet indésirable sur le flux sanguin coronarien que l’on peut comparer à la réduction de 30% de ce flux causé par la consommation de cigarettes « tabac ». Cette étude n’a encore jamais été réalisée, elle fournit des informations complètement nouvelles sur les effets de la cigarette électronique sur le système cardiovasculaire, mais encore une fois, cela ne veut pas dire que la cigarette électronique ne peut pas causer de maladies cardiovasculaires ou de crises cardiaques sur le long terme. En comparaison, la présence de certains produits chimiques (rapport à l’étude de 60 Millions de Consommateurs : note du traducteur) ne devrait pas être présentée avec des titres comme « la cigarette électronique donne le cancer » ou quoi que ce soit de similaire. Scientifiques, défenseurs des consommateurs et journalistes devraient comprendre que nous touchons à un problème sensible et que leurs rapports et articles ont un impact direct sur la santé de millions de personnes dans le monde.

Je voudrais remercier Michele Briot pour la traduction du protocole de l’étude française et Clive Bates pour la citation dans l’article du Daily Mail.

Dr Farsalinos est chercheur au centre Onassis de chirurgie cardiaque à Athènes en Grèce et au centre de de recherche D’imagerie Médicale à l’hôpital Gathuisberge à Lauven en Belgique. Il est activement impliqué dans les recherches sur les risques et et la sécurité des cigarettes électroniques.

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Captain Gloo

Auteur de l'article : Captain Gloo

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