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18
Sep
2012

Aurélie Filippetti VS Amazon round 1 : fight !

Les librairies indépendantes vont majoritairement « mal », ce n’est hélas pas nouveau. Comme bien souvent, on cherche les raisons et comme bien souvent il faut un responsable (burn the witch !). Pour notre Ministre de la culture Aurélie Filippetti, le responsable est tout trouvé : Amazon.

Sauf que le problème des librairies indépendantes ne date pas d’hier.

Amazon, le géant de l'ecommerce et pas que

Amazon tout meugnon avec un joli sourire

Amazon fait un très bon « vilain » dans cette histoire

« Il faut défendre les librairies indépendantes qui sont de vrais poumons pour les villes. Nous avons un réseau formidable en France, que le site de vente en ligne Amazon risque de tuer. Il n’est pas normal qu’Amazon contourne par des prix bas la loi du prix unique en étant installé au Luxembourg et ne payant pas de fiscalité juste en France ».

Source :Aurélie Filippetti cherche une mauvaise querelle à Amazon

Amazon est le bouc émissaire tout trouvé : vilaine société tentaculaire et pas française, politique tarifaire bien trouvée pour « contourner » la régulation tarifaire du livre créée par la loi Lang et une fiscalité allégée de par leur installation au Luxembourg.

Wow, tous les ingrédients sont réunis pour faire d’Amazon le parfait représentant de tout ce qu’on fait détester aux français depuis de nombreuses années.

Je ne remet pas en question le fait qu’Amazon fasse du mal aux librairies indépendantes, mais notre ministre de la culture oublie un peu au passage que si Amazon en est arrivé là, c’est aussi grâce à une stratégie commerciale efficace et une gestion clientèle exemplaire.

Amazon est une société qui fonctionne car elle s’en est donné les moyens.

Il ne faut pas non plus oublier que la société qui a probablement été responsable du plus grand nombre de faillites de librairies indépendantes est bien française : La FNAC.

La FNAC, premier fossoyeur historique des petits commerces de la culture

Logo de la FNAC

La FNAC a changé la donne

Je ne sais pas si dans les années 90 vous avez vécu l’implantation d’une FNAC dans votre ville mais moi si.

J’ai vécu l’implantation de la FNAC de Nantes avec les tentatives de lobying des commerçants locaux pour éviter qu’elle s’installe.

Et oui, car déjà à l’époque, les petits commerçants savaient que l’arrivée d’un supermarché de la culture en plein centre historique de Nantes serait très mauvais pour eux. Il y avait bien les espaces culturels des super et hyper marchés, mais ils étaient globalement en périphérie et donc pas vraiment concurrents.

Là, on parlait d’une énorme structure qui allait s’installer en plein centre de Nantes.

la FNAC a fini par ouvrir, et de nombreux commerces ont fermé : librairies, disquaires, magasins spécialisés dans les jeux vidéos, magasins spécialisés dans la vidéo etc…

J’habitais dans le centre de Nantes à l’époque et j’ai vu la mutation des commerces, des disquaires remplacés par des banques, des librairies remplacées par des agences de voyages…

Il y a bien sur des commerces qui ont survécu, et vous savez pourquoi ? Ils se sont adaptés, ils ont évolué, se sont spécialisés.

La FNAC n’a pas tué les commerces, elle a juste changé le marché et ceux qui ont su s’adapter ont survécu.

Et vous savez quoi ? Internet à l’époque, ça n’existait même pas, enfin si, mais pas pour le grand public.

Sociétés différentes, clientèle différente, services différents

Une chose qui faut comprendre encore une fois, c’est qu’il y a une énorme différence entre les villes et les campagnes.

En tant que campagnard, j’utilise Amazon pour tous mes achats culturels, tout simplement parce que faire 80 kilomètres aller/retour c’est un peu impossible pour acheter un livre ou un disque.

Alors qu’avec un service comme Amazon, si j’entends parler d’un bon livre ou d’un CD ou autre, je peux aller directement sur le site et commander. C’est mauvais pour l’économie culturelle ? Je ne crois pas.

Par contre, quand je « vais à la ville » (cliché toussa), j’apprécie de prendre le temps de trainer dans les petits commerces, d’avoir des conseils de vendeurs passionnés, d’être choucouté.

Maintenant, si demain, les librairies indépendantes se regroupent en GIE ou autre, communiquent, s’adaptent, vendent en ligne en regroupant leurs offres, en gros proposent un service proche d’Amazon, il est possible que les personnes comme moi utilisent ce type de services.

Possible…

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Captain Gloo

Auteur de l'article : Captain Gloo

Je m’occupe de la peinture, je répare la tuyauterie, je change les ampoules, je fais le ménage et j’engueule les visiteurs quand ils ne nettoient pas leurs chaussures avant d’entrer.
Bref, je suis le concierge de Glooland.

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